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Euro, comment ça marche ?
En 1998, plusieurs États décident d’opter pour une monnaie commune et unique, l’euro. Cette décision impliqua la mise en place d’institutions et le changement de plusieurs traités. Actuellement, la politique monétaire et économique de l’union européenne est discutée par plusieurs dirigeants européens et Sarko en a fait un thème de son discours à Toulon. Afin de décortiquer les contres vérités, cette note résumera le fonctionnement actuel de la zone euro, les changements proposés par le pouvoir capitaliste et les propositions alternatives.

I) Fonctionnement de la zone euro et des institutions s’y rattachant

Le fonctionnement de la zone euro est intrinsèquement lié à celui de la BCE (Banque Centrale Européenne). Cette banque est indépendante des gouvernements, comme le définit l’article 108 du traité de Rome. Comme toutes les banques centrales, la BCE est chargée de l’émission de devise et des taux directeurs. La politique monétaire de la BCE est de lutter contre l’inflation. Ce n’est ni plus ni moins qu’un copier-coller de la politique néo-libérale qui consiste à considérer l’inflation comme un chaos à éviter à tout prix. La variable utilisée pour maintenir les prix est l’agrégat monétaire, c’est-à-dire une évaluation rapide de la quantité monétaire disponible. Aujourd’hui, beaucoup considèrent que l’indépendance de la BCE garantit son efficacité. Nous sommes évidemment en rupture avec cette idée qui consiste à séparer pouvoir économique et pouvoir politique. Comme le dogme de la politique monétaire anti-inflationniste est le seul en vigueur, les États sont incapables de réaliser certaines manœuvres économiques pour relancer l’activité d’un pays.

II) Les changements envisagés au fonctionnement de la zone euro

Le traité de Lisbonne, entourloupe démocratique qui a suivi et remplacé le traité constitutionnel européen, gravait déjà dans le marbre de nombreuses mesures libérales. La crise de la dette souveraine a encore changé la donne. Grosso-modo, la BCE a commencé à racheter de la dette sous forme d’obligation. Si le gouvernement français était « relativement » d’accord, les ténors de la politique allemande, emmenés par Merkel ont crié au scandale. Pour les Allemands, la raison d’être d’une banque centrale : c’est de lutter contre l’inflation stricto-sensu. Les Allemands, justement, campent sur leurs positions. Angela Merkel et ses comparses n’ont qu’un seul argument : la crise est le fruit du laxisme budgétaire. La seule solution, c’est une discipline budgétaire salvatrice qui ramènera les pays endettés dans le droit chemin. Ici, pas question d’une analyse de la crise comme un problème systémique du capitalisme ou même de parler des si nombreuses fournitures militaires allemandes vendues à crédit à la Grèce depuis longtemps (À ce sujet voir et faire voir le film « Debtocracy »)... Le président français a bien vite cédé devant Berlin, proposant la création d’une Union Budgétaire et en proposant de modifier les traités européens pour inscrire l’équilibre des budgets comme pré requis à toute alliance monétaire. Tout état contrevenant pourra être passé devant les tribunaux. L’indépendance de la BCE sera elle renforcée, il est hors de question qu’elle s’amuse à aider les pays dans le besoin. En 98, nous avions avec l’Euro, abandonné la possibilité d’une politique monétaire. En 2011, nous allons perdre encore un peu plus d’indépendance économique et budgétaire en gravant l’austérité dans le marbre.

III) Quelques propositions alternatives ...

Celle des députés communistes, du PG et des députés allemands de Die Linke montrent qu’une autre union est possible. Ils proposent la création d’un fonds européen de développement social, solidaire et écologique. Ce fonds est une véritable rupture avec le « pacte pour l’Euro », il aurait pour but de financer les États dans le besoin et ainsi d’éviter la spéculation des marchés sur les dettes privés. Cela revient à créer un marché des obligations parallèles et ainsi éviter tous risques de spéculation. Ce fonds permettrai aussi un développement économique et une harmonisation fiscale, mais dans le bon sens, c’est-à-dire en faisant payer les patrimoines personnels (taxe exceptionnelle de 5 % sur les revenus de plus d’ 1 million d’euros) et taxe sur les transactions financières. Cette proposition franco-allemande envisage aussi de faire le ménage dans les marchés en prenant une participation majoritaire dans les banques et l’interdiction des ventes à découvert qui autorisent la spéculation à la baisse. Le M’PEP propose lui tout bonnement une sortie de l’euro et un retour à l’indépendance monétaire. Cette solution part du principe que l’échelon national est la meilleure union monétaire possible et elle permet de mener une réelle politique de gauche. Ils s’accordent aussi à dire que l’euro n’a pas respecté ses promesses et qu’il ne faut pas laisser le combat de la souveraineté monétaire aux gaullistes ou à l’extrême droite. Enfin, nombreuses sont les forces progressistes de gauche qui appellent à une réelle reprise en main de la BCE. En fait, cette indépendance est belle et bien une exception dans le monde : si la « Fed » (Federal Bank of the United States) est indépendante dans les textes, cela ne l’empêche pas d’avoir une réelle politique monétaire ! De plus, il paraît normal que les élus aient leur mot à dire. Reprendre en main la politique monétaire est une condition sine qua non d’une politique sociale forte.

Quelques documents : • Le film Debtocracy, sur la dette souveraine grecque et d’autres : http://www.youtube.com/watch?v=3z8f... (cliquer sur CC pour les sous titres) • Sur la proposition GDR-Die Linke : http://www.humanite.fr/tribunes/eur... • Beaucoup d’infos sur ce fonds du coté des allemands : http://www.linksfraktion.de/ (pour les germanophones) • Enfin, les positions du M’PEP, http://www.mpep.org/spip.php?articl...


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