Nous voici arriver au terme de la construction de notre bataille « des nouveaux droits pour les jeunes : changer nos vies et la société ». Hier, nous avons discuté de la démarche qui nous amené à élaborer cette bataille. L’enjeu ici est de discuter de l’animation de cette bataille concrètement, dans notre quotidien. Comment, avec quels moyens, avec quels gestes, allons nous réussir à faire de cette bataille un évènement important pour la construction de l’alternative ? Comment avec cette bataille allons nous réussir à faire renaître l’espoir ?
Pour ce faire, nous avons décidé à notre dernier congrès de nous organiser au plus près de la vie des jeunes. C’est pour nous dans le lien régulier, au niveau le plus local, que nous réussirons à populariser nos idées, nos propositions.
Les ruches qui ont eu lieu hier en fin d’après midi se sont déroulées dans cet état d’esprit. Tout d’abord, laissez nous vous dire à quel point l’expérience de ces ruches a été enrichissante pour tous les camarades qui y ont participés. C’est un espace privilégié, qui a permis d’aller au bout des discussions, au bout de certains débats. Chacun a pu ainsi trouver son aise, et a pu prendre la parole, exprimer son opinion.
En outre, ces ruches ont été, dans leurs diversités, des moments de productions prolifiques qui vont permettre d’alimenter sérieusement nos réflexions sur l’animation de la bataille.
Ainsi, en ce qui concerne les lycéens, des idées d’initiatives ont été données comme organiser des festivals ou des piques niques…
Pour les jeunes travailleurs, il est apparu important de militer devant les entreprises du secteur tertiaire, mais aussi aux portes des ANPE, des boîtes d’Intérim, des foyers de jeunes travailleurs ou des lycées professionnels et techniques…
Dans les quartiers populaires, l’accent a été mis sur la régularité de notre présence, ainsi que le travail avec des associations locales type AC LE FEU ou encore les maisons de quartiers…En outre, il est apparu dans ces quartiers de créer des initiatives originales comme des tournoi de sport ou des repas populaires qui permettent de renouer le débat et de construire des alternatives ensembles.
Malheureusement, dans cette introduction résolument courte pour laisser la place au débat, il ne sera pas possible ici de redonner toutes les idées proposées lors de ces ruches. C’est pourquoi nous vous proposons de vous envoyer après notre assemblée les synthèses des ruches par thématiques.
Malgré tout, si les ruches ont été des moments d’analyse et de propositions importants, des contradictions ont émergés lors de leur tenu. En effet, peu de ruches ont réussi dans le débat à faire le lien entre la bataille des nouveaux droits et notre intervention dans les lycées, les quartiers populaires et auprès des jeunes travailleurs.
Cela n’est pas grave, mais nous conduit à réussir ensemble à donner à voir à chacun par un maximum de propositions de batailles locales, par un grand nombre d’exemples d’initiatives, comment cette bataille peut se concrétiser.
Nous sommes aujourd’hui plus de 200 animateurs qui allons repartir dans quelques heures dans nos départements. Nous allons dès demain, dans le rendu de notre assemblée et dans notre activité réfléchir et commencer rapidement cette bataille.
Il est donc primordial que nous partagions un grand nombre d’initiatives qu’elles aient été mentionnées dans les ruches ou non.
Comme nous l’avons vu hier, notre campagne part des aspirations des jeunes pour faire avancer des propositions transformatrices pour l’ensemble de la société. Elle vise à articuler nos batailles locales à la bataille globale.
C’est une démarche novatrice pour notre mouvement, tant au niveau de la campagne en elle même, qu’au niveau des nouvelles méthodes de militantisme qu’elle nous pousse à mettre en œuvre.
Il s’agit en effet de partir des réalités qui vivent les jeunes sur le terrain, en portant des revendications au local, puis de replacer ces revendications dans les propositions que nous portons nationalement.
Concrètement, l’objectif est que, dans chaque fédération, dans chaque UV, dans chaque secteur, nous identifions les problèmes spécifiques des jeunes que nous côtoyons. Regarder ce qui manque à leur cadre de vie, à leur émancipation, à leur expression …. A partir de ces constats, nous devons réfléchir, avec eux, aux réponses concrètes que nous pouvons apporter à ces problèmes, comment et auprès de qui porter ces revendications (lycée, collectivité, bailleur, entreprise, …). La dernière étape de la démarche consiste à faire le lien entre chacune de ces revendications avec nos propositions nationales, et les replacer dans une optique de transformation révolutionnaire de la société.
Ce temps de débat doit nous permettre de dégager des exemples de batailles à mener, lançant ainsi une dynamique nationale autour de cette campagne. Nous avons choisi de vous proposer en introduction trois exemples concrets de batailles pouvant être menées dans cette campagne, à destination des jeunes travailleurs, des lycéens et des quartiers populaires, en lien avec les conclusions des ruches ayant eu lieu hier.
Les exemples qui vont être donnés ne sont que des exemples, ils n’ont pas vocation à être impulsé partout.
Lycées
Pour ce qui est de l’animation de notre campagne au sein des lycées, les ruches ont mis en évidence l’aspiration des jeunes communistes à plus de lien entre nos gestes militants à l’échelon local, à l’échelon fédéral et à l’échelon national.
Afin de répondre à cette demande, les batailles menées pour de nouveaux droits pour les jeunes devront traiter les questions en prenant en compte l’articulation entre ces trois échelons, qui sont aussi au sein du système éducatif des échelons de pouvoir.
Il en est ainsi de la question des conditions d’étude et de la citoyenneté au lycée. L’impulsion d’une lutte locale dans un lycée, par exemple pour obtenir un foyer ou autre lieu spécifique pour la vie citoyenne des lycéens au sein de leur établissement est une possibilité qui nous donne des perspectives atteignables en termes de droits nouveaux.
Dans le même temps, cette lutte permettrait de sensibiliser les lycéens sur la question globale de la citoyenneté au lycée, question sur laquelle nous avons nationalement une avance réelle sur les autres organisations pour ce qui est des revendications : la centralisation des luttes permettra alors de lancer une campagne nationale pour le droit à la citoyenneté dans le lycée par l’obtention de pouvoirs institutionnels nouveaux pour les lycéens et l’ouverture des murs du lycée aux débats d’actualité.
Ce type de bataille nécessitera une implantation renforcée des jeunes communistes au sein des lycées afin à la fois d’animer la lutte pour ce foyer et de porter un message politique plus global sur la destination que nous voulons donner à l’Ecole, qui est davantage d’émanciper l’individu en partie par l’apprentissage et l’application d’une citoyenneté effective, d’accès à une certaine forme de pouvoir, que de le formater à des compétences directement professionnelles.
Bien sur ceci n’est qu’un exemple de lutte que nous pourrions mener dans un lycée. Il y en a beaucoup d’autre.
Les quartiers populaires.
Les ruches ont révèles une inégalité d’expérience des jeunes communistes dans les quartiers populaires. Pour dépasser les difficultés actuelles, il nous faut être régulièrement présent dans les quartiers tant pour parler de la situation nationale que des problèmes locaux.
Nous avons besoin aujourd’hui de plus nous appuyer sur des problématiques locales. L’amélioration immédiate des conditions de vie est un outil permettant la reconnaissance de l’utilité du mouvement.
Chaque quartier a ses spécificités, des éléments qui lui sont propres : la traditionnelle barre HLM en banlieue, les quartiers pavillonnaires pauvres en province ou encore les quartiers insalubres de certaines grandes villes. Dans chacun de ces quartiers, la question du cadre de vie individuel et collectif est posée. Dans le cadre de notre bataille pour de nouveaux droits pour les jeunes, nous avons de multiples possibilités d’intervention. Logements, transports, services publics, emploi, culture, vivre ensemble sont autant de problématiques à traiter.
Nous voulons pouvoir nous exprimer nationalement sur tous ces thèmes, proposer des alternatives en termes d’organisation urbaine. Mais pour aller aux bouts de ces revendications nationales, nous avons besoin de décliner au local ses problématiques, pour obtenir des améliorations rapides et utiles du cadre de vie.
Prenons un exemple très particulier, qui concerne en premier lieu les jeunes et en second lieu l’ensemble du quartier. La question est sans cesse posée de l’accessibilité de salles ouvertes aux jeunes. En effet, les quartiers sont souvent des enclaves qui ne permettent pas de vie collective (il est à noter que ce problème se renforce en ce qui concerne la vie nocturne) ou qui ne permettent pas de se rassembler pour discuter, échanger, faire de la musique…
Les jeunes communistes ont aujourd’hui les moyens de permettre aux jeunes de chaque quartier de se battre pour obtenir des salles qu’elles soient municipales, en gestion associative ou en auto-gestion.
Dans un certain nombre de ville, ces locaux existent déjà, ils ne sont juste pas mis à disposition, ou les contraintes imposées aux jeunes sont trop nombreuses (création d’une association de quartier, assurer la gestion de l’équipement…). Obtenir ce genre de salle serait une véritable avancée pour les jeunes communistes et pour tous les jeunes en demande dans ces quartiers.
En effet, c’est toute la vie d’un quartier qui peut-être transformé par une telle victoire. Il s’agit bien sûr d’un premier pas dans l’amélioration du cadre de vie. C’est un exemple parmi tant d’autres de batailles locales avec des ouvertures nationales. Selon les problèmes de chaque quartier, c’est à nous d’adapter, de choisir la bataille qui sera la plus pertinente pour changer la vie des jeunes.
C’est aussi sur ces batailles que nous ferons la démonstration locale de notre utilité, sur ces batailles que nous permettront la compréhension globale des enjeux nationaux et internationaux. C’est sur ces batailles que nous créerons le plus grand nombre de groupes locaux dans les quartiers.
Les jeunes travailleurs :
Un autre exemple de bataille, la question des droits et des pouvoirs dans l’entreprise. Face à l’arrogance du capitalisme financier, de la recherche du profit à tout prix, de la recherche du moindre coût de production qui entraîne pression sur les salaires, contrats de travail précaires, délocalisations, licenciements.
Dans notre visée de transformation de la société, nous proposons à l’inverse, une plus grande intervention du salarié dans les choix et les décisions de l’entreprise, une juste répartition des richesses produites qui augmente les salaires et une sécurité des parcours professionnels.
Nous pourrions partir localement de luttes pour plus de droits et de pouvoirs aux salariés. Comme le droit de regard sur les comptes de l’entreprise, le droit de décision sur la stratégie de l’entreprise et sur son organisation.
Ces droits se lient directement au pouvoir d’empêcher des licenciements et des délocalisations. Pouvoir de préserver l’emploi et de défendre des savoirs faire. Pour ce faire, menons une activité communiste dans l’entreprise, donnons une perspective politique aux salariés qui soit un aboutissement aux luttes syndicales.
Pour y parvenir, ne nous contentons pas de rester à la porte des boites, renforçons notre mouvement pour gagner la bataille des nouveaux droits avec les salariés et le monde du travail. Ce sont des exemples, parmi tant d’autres qui peuvent nous permettre de faire grandir l’idée que d’autres choix sont possibles.
Moyens
Enfin, l’articulation dans notre mouvement des batailles locales et de batailles nationales est un enjeu primordial. Nous le disions hier, il faut que nous soyons en capacité d’évaluer où nous en sommes de notre campagne. Combien de luttes locales menées ? Combien de nouveaux droits arrachés ? Comment ? Pourquoi ? Et surtout en quoi ces luttes, victorieuses ou non, ont réussi à faire avancer dans les consciences l’idée qu’il nous faut rompre avec cette société qui nous exploite.
En ce sens, il est extrêmement important de partager les informations à l’ensemble des animateurs de notre mouvement. C’est un élément clef pour donner à voir à chacun la cohérence de nos différentes luttes.
Bien sur, des matériels de communication très large doivent être produit en fonction de nos moyens : affiche, autocollants, bandeaux… En outre, il a été dit hier qu’il nous faut encore fournir un pas supplémentaire dans l’utilisation des outils Internet existants ou qui reste à inventer.
Mais pour cela il ne faut pas relâcher notre activité pour financer notre mouvement. Faire remonter les cotisations, payer les paiements mensuels.
La bataille pour les nouveaux droits commence dès maintenant. Cela étant, comme il a été dit hier, il nous faut réfléchir sur la mise en scène du lancement de cette campagne.
Peut-être, pourrions nous, au moment où nos visuels seront prêts, que nos affiches, autocollants seront tirés, organiser une conférence de presse qui tente de médiatiser notre nouvelle campagne mais aussi pourrait nous permettre de commencer la bataille en grand tous ensemble.
C’est en tenant tous les bouts. C’est en étant imaginatif, combatifs et révolutionnaire que nous réussirons ensemble à obtenir des nouveaux droits pour les jeunes pour changer nos vie et la société, enfin.