Quelles sont les conséquences de la crise pour les jeunes ? C’est à cette question que tentaient de répondre ce week-end 45 organisations de jeunesse au siège national du PCF à Paris, invitées par la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) et le Mouvement jeunes communistes de France (MJCF). De nombreuses interventions font état de la dégradation de l’emploi des jeunes. Ainsi le secrétaire général du MJCF, Pierric Annoot, rappelle qu’en France 62 % des jeunes diplômés de 2008 n’ont toujours pas trouvé de travail au bout d’un an. En Europe, le chômage des jeunes s’élève dans de nombreux pays à plus de 20 %, avec une pointe à 38 % en Espagne. On observe également une baisse des salaires d’embauche. La libéralisation du marché du travail européen, promue par la stratégie de Lisbonne, a rendu les jeunes vulnérables. « La crise est utilisée pour détruire les droits. Les jeunes sont les premières victimes », estime Tiago Viera, secrétaire de la FMJD. Ainsi, au Portugal « plus d’un million de personnes ne savent pas si elles conserveront leur travail au-delà de deux ans. Deux tiers d’entre elles ont moins de trente ans ».
Constatant une militarisation des relations internationales, les délégués des autres continents craignent pour la paix dans leur région. « Dans les pays asiatiques en développement, nous rencontrons d’énormes problèmes concernant l’agriculture, l’industrie et l’emploi, nous confie le secrétaire de la Fédération de la jeunesse démocratique d’Inde, Tapas Sinha. Cela touche particulièrement les jeunes. » Son organisation, forte de 17 millions de membres, lance des campagnes et recueille des adhésions. Mais à la faveur de la crise, certains jeunes se tournent vers les nationalistes hindous ou, au Pakistan voisin, vers les extrémistes islamistes. « Il y a un risque pour la paix », prévient-il. L’intervention de la jeune communiste vénézuélienne Janohi Rosas ne dit pas autre chose. Elle s’inquiète de l’implantation de bases américaines à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, alors que le mouvement progressiste s’amplifie en Amérique latine. D’où le titre du séminaire : « La crise du capitalisme et les attaques contre les droits des jeunes seront battues par la lutte contre l’impérialisme ».
Gaêl De Santis