Etudiants iraniens en lutte contre les coups d’Etat ! Les universités iraniennes résistent !
Le7 décembre 1953, le vice-président étasunien Richard Nixon rendait visite au Chah d’Iran, quatre mois à peine après le coup d’Etat qui avait renversé le premier Ministre Mossadegh, héros de la nationalisation du pétrole. En signe de protestation, les étudiants organisèrent une manifestation violemment réprimée et faisant 3 morts dans les rangs des étudiants : Ahmad Ghandchi, Azar Shariatrazavi, Mostafa Bozorgnia. Trois étudiants inscrits depuis dans la mémoire du mouvement étudiant iranien et plus largement dans la mémoire nationale.
Le 7 décembre est devenu le symbole du caractère répressif du régime du Shah. Il est tous les ans commémoré dans les universités iraniennes. Mais le régime de la République islamique instrumentalise également depuis 30 ans cette journée de mémoire pour faire oublier ses propres crimes à l’égard des citoyens iraniens et des étudiants plus particulièrement. Tous les ans le président de la République islamique se rend le 7 décembre à l’Université des sciences de l’ingénieur de Téhéran ce qui provoque des remous au sein même de l’université.
56 ans après ce coup d’Etat, les étudiants iraniens sont toujours à la pointe de la contestation. Ils protestent aujourd’hui contre le coup d’Etat du 12 juin 2009 et la répression qui tente de resserrer l’étau sur une société contestataire.
Depuis la dernière grande journée de manifestation du 27 novembre, les attentes et préoccupation se focalisent sur cette journée du 7 décembre 2009 pour laquelle ont été lancés de nombreux appels à la manifestation contre le Coup d’Etat du 12 juin et la répression sanglante à laquelle elle a donné lieu. . Les étudiants iraniens, avec courage, sont plus que jamais mobilisés. Les scènes de manifestations nous l’ont montré dès la première semaine de la rentrée universitaire !
Alors que les forces de l’ordre espèrent confiner ce mouvement au sein de l’Université pour mieux l’étouffer, les Iraniens semblent plus que jamais déterminés à poursuivre leur lutte. Si les autorités iraniennes semblent avoir provisoirement gagné la bataille sécuritaire de la rue, elles ont perdu celle de la mobilisation. Elles perdurent dans des lieux plus confinés comme les universités.
Le mouvement étudiant a sa propre histoire mais il s’inscrit dans le mouvement de défense des droits civiques qui depuis quelques mois est entrain de changer la face de l’Iran. Les revendications des étudiants iraniens rejoignent celles des autres mouvements sociaux : arrêt de la répression, arrêt des procès illégitimes ayant mené à des condamnations à morts, fin de l’apartheid sexuel dans les universités comme dans le reste de la société, liberté d’organisation et d’expression…
Face au succès des grandes journées de manifestations des mois précédents, le régime iranien a encore monté d’un cran la répression. En témoignent les arrestations préventives d’un certain nombre d’étudiants connus pour leur engagement et leur militantisme. L’Université est attaquée dans ses fondements. Elle connaît une épuration terrible. Le licenciement d’un certain nombre d’enseignants et le projet de refonte des départements et de réorganisation sont les préludes d’une seconde révolution culturelle visant à annihiler la capacité de critique sociale et politique émanant des universités et à éteindre une fois pour toute un des foyers principaux de la contestation.
C’est pourquoi, le Comité indépendant contre la répression des citoyens iraniens appelle les syndicats étudiants français et associations de jeunesse attachées aux valeurs démocratiques à soutenir les étudiants en lutte le 7 décembre 2009 pour leur droits et libertés et à faire de cette journée, une journée internationale de soutien au mouvement iranien de défense des droits civiques, dit « mouvement vert ». Le comité appelle à la solidarité internationale avec ces étudiants qui bravent avec courage le régime de la République islamique.
Montrons aux autorités iraniennes que nous avons choisi notre camp ! Montrons aux étudiants en lutte qu’ils ne sont pas seuls
Vive la solidarité internationale !
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